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Bienvenue à la FCPE Montigny

Bienvenue sur le blog de la FCPE de Montigny-le-Bretonneux !

 

Au nom des bureaux des conseils locaux primaire-maternelle, collèges, lycées, bienvenue sur ce site de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves) de Montigny-le-Bx qui regroupe 6 conseils locaux.... (lire la suite ici par François ANDRE)

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Samedi 7 septembre 2013: Forum des Associations 9h-19h

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Rythmes scolaires : pour une dynamique nouvelle des temps éducatifs

par Agnès Cavet,
chargée d'études et de recherche au service de Veille scientifique et technologique

La question des rythmes scolaires apparaît comme un « vieux dossier » toujours d'actualité, dont les enjeux et implications dépassent largement le strict cadre de l'institution scolaire. L'école a connu depuis 30 ans diverses réformes visant à « aménager » les rythmes scolaires pour améliorer les conditions de vie et d'apprentissage des élèves. Tel est encore l'objet de la Conférence nationale ouverte au débat public en septembre 2010.

Quels sont les résultats récents de la recherche en éducation qui peuvent aider à renouveller la réflexion ? Quels sont les modèles alternatifs qui se développent aujourd'hui en Europe et en Amérique du Nord, en matière d'organisation du temps scolaire et de synergie des différents temps des enfants ? Quels enseignement peut-on tirer des travaux de recherche qui évaluent ces expériences ? Telles sont les questions développées dans ce Dossier d'actualité.

Quel « temps » fait-il à l'école ? La rythmique élémentaire de « l'heure de cours » reste encore aujourd'hui le principe organisateur de la vie pédagogique, qui est découpeé entre les grilles de l'emploi du temps, selon l'équation « une heure = un enseignant = une discipline  = un cours = une classe ». Centrée sur les enseignants et non sur des élèves, cette organisation du temps pédagogique n'apparaît plus adaptée aux besoins actuels de transversalité des enseignements et d'individualisation des apprentissages.

Des expériences menées en France, en Suède et aux Pays-Bas montrent pourtant qu'il est possible de repenser l'emploi et l'usage du temps pour que le temps devienne véritablement une « ressource » mise au service de la pédagogie. Ces expériences d'emploi du temps « mobile », « variable » ou « flexible » reposent sur un important travail en équipes de la part des enseignants, dont les pratiques professionnelles se trouvent transformées et enrichies. Ces dispositifs obtiennent des résultats très positifs en termes d'ouverture, d'autonomie des élèves, de stratégies d'apprentissage, de compétences sociales... Elles influencent la motivation non seulement des élèves mais aussi des enseignants et se prêtent bien à la mise en oeuvre de pédagogies plus actives.

Aux portes de l'école, le « temps libre » exerce une forte concurrence sur le temps scolaire. L'école n'est plus le seul lieu ni le seul temps qui permette aux enfants et aux adolescents d'acquérir des savoirs, de construire des compétences, de se socialiser et de s'ouvrir sur le monde. Les médias, les bibliothèques, l'Internet, les activités de loisir et de culture, les échanges avec la famille, les amis et l'environnement sont autant d'occasions de développement personnel, d'expériences et d'acquisitions différentes de celles de l'école, complémentaires ou non mais tout aussi importantes.

Pour sortir de cette concurrence et permettre au contraire une concordance des temps éducatifs de l'enfant, se developpent dans dans différents pays voisins comme l'Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni des dispositifs d'« école à temps plein », d'« école à journée continue », d'« é cole étendue » qui ont en commun de fédérer sur le site de l'école une offre d'activités diverses, libres ou dirigés : aide aux devoirs, ateliers, pratiques sportives et artistiques, bénévolat... Les écoles primaires, collèges et lycées sont alors ouverts tous les jours sur une large plage horaire, parfois aussi pendant les vacances. Ces dispositifs reposent sur une collaboration de l'école avec d'autres acteurs locaux. L 'école se redéfinit comme un lieu de vie ouvert et fédérateur. Les évaluations de ces dispositifs rendent compte d'effets positifs sur les compétences sociales des élèves et la qualité des relations qu'ils développent avec les adultes.

Toutes ces expérimentations ont un point en commun : la disparition des devoirs à la maison, puisque le travail personnel des élèves est réalisé à l'école.

Telle qu'elle est trop souvent posée, la question des rythmes scolaires renvoie à des modalités d'allocation du temps (combien, à quelle fréquence et pour quelle durée ?), autrement dit à une sorte de « posologie » du temps scolaire qui serait administré aux élèves pour faire passer l'enseignement. Cette approche confère donc un pouvoir supposé à des paramètres quantitatifs qui tendent à ne reconnaître au temps qu'une valeur de « ressource provisionnelle » qu'il convient d'affecter judicieusement pour en retirer les profits.

Fort heureusement, l'action du temps sur l'enseignement ne se réduit pas à sa quantité : la « qualité » du temps passé ensemble, élèves et enseignants, semble avoir un impact beaucoup plus important sur la motivation des élèves et sur la réussite scolaire. Travailler à donner de la qualité au temps de l'enseignement, tel est le projet qui pourrait réunir tous les acteurs de l'éducation.

 


Ce Dossier d'actualité est une publication mensuelle
de la Veille scientifique et technologique.
Institut national de recherche pédagogique,
membre associé de l'université de Lyon. © INRP.


.ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE DE LYON
Institut national de recherche pédagogique

Veille scientifique et technologique

Dossier d'actualité
n° 60 - février 2011

 


 

 

 

 

 

Argumentaire sur la semaine de quatre jours et demi

 

 

La prise en compte des besoins prioritaires et spécifiques des enfants et des jeunes est une des revendications premières de la FCPE.

 

C’est pourquoi elle s’est toujours opposée à la généralisation de la semaine de 4 jours, celle qui assure les journées les plus longues et le plus faible nombre de jours de classe d'Europe. Elle a été confortée dans sa position par les études des spécialistes des rythmes de l’enfant et par les rapports successifs de l’IGEN (Inspection générale de l’Education nationale) de 2000 et 2002 et une étude de l’INSERM de 2001. Elle a notamment produit un argumentaire en février 2001 qui disait très clairement son opposition à la semaine de quatre jours.

 

Elle a renouvelé son opposition à cette organisation dans des communiqués de presse tout au long de l’année dernière lorsque se discutait la suppression de la classe le samedi matin. Nous nous sommes battus pour que, a minima, le décret du ministre intègre la possibilité de dérogations et l’organisation sur neuf demi journées.

 

Déjà, lors de la rédaction du projet éducatif de la FCPE, en 1997, nous savions que cela serait difficile et nous écrivions : « Elaborer un projet global d'aménagement des rythmes de vie, centré sur l'enfant et le jeune, demeure une démarche difficile, tant les controverses sont multiples, tant les pesanteurs, qu'elles émanent des enseignants, des parents, des corporatismes ou des égoïsmes, paralysent encore toute volonté novatrice. »

 

C’est parce qu’il est enfin temps de penser aux enfants et d'en finir avec le monolithisme de la semaine de 4 jours que la FCPE nationale a lancé cette campagne.

 

Voici des réponses aux arguments les plus fréquemment avancés contre la semaine scolaire continue avec classe le mercredi matin.

 

 

- Argument n°1 : La coupure du mercredi est indispensable pour le repos des enfants.

 

La coupure du milieu de semaine a été mise en place pour permettre aux enfants de suivre une instruction religieuse (article 2 de la loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement scolaire) et non pas parce qu’une journée d’interruption du travail scolaire en milieu de semaine s’imposait pédagogiquement. Initialement le jeudi, cette interruption est passée au mercredi en 1972. Entre-temps, en 1969, la durée hebdomadaire avait été réduite à 27 heures, avec libération du samedi après-midi pour les élèves, afin de permettre aux maîtres de se consacrer à leur perfectionnement pédagogique.

 

Un rapport de l’IGEN en 2000 avançait que : "au-delà du seul confort social du samedi libre, le passage à 4 jours n’apporte pas de réelles modifications sur les pratiques de l’enseignant, ni au demeurant, un confort accru à la vie de l’enfant». De même, les experts réunis par l’INSERM ont également convenu en 2001 qu’il fallait éviter de mettre en place la semaine de quatre jours car « aucun résultat ne plaidait en sa faveur ».

 

 

- Argument n°2 : Les enfants réussissent aussi bien avec la semaine de quatre jours.

 

François Testu, professeur de psychologie à l’Université François Rabelais de Tours, dénonce les « effets catastrophiques de [la semaine de] quatre jours secs. Un week-end a sur les enfants (surtout ceux qui subissent les rythmes de leurs parents qui n’ont pas d’occupations) des conséquences qui durent jusqu’au lundi, voire mardi midi. Ils ont du mal à se remettre au travail. Le vendredi est perturbé à cause d’un phénomène d’aspiration (l’attente du samedi). La semaine des quatre jours casse le rythme des enfants. » Elle perturbe, en effet, davantage les enfants, car ils subissent deux coupures dans leur rythme de vie et d’apprentissage : le jeudi matin reproduisant le même scénario que celui du lundi. Ils ont alors à deux reprises du mal à se réapproprier des comportements d’apprentissage.

 

En outre, l’organisation sur quatre jours impose aux enfants six heures de classe par jour afin d’atteindre les heures hebdomadaires légales. Cette longueur excessive des journées perturbe encore plus les apprentissages pour des enfants de moins de huit ans et en particulier pour ceux qui sont les plus fragiles. Des journées moins longues sont plus profitables. Au-delà de quatre heures et demi de cours par jour, un enfant n’est plus disponible pour les apprentissages. A quoi sert donc de le garder six heures dans la classe ?

 

L’idéal serait de ne pas dépasser cinq heures de classe par jour mais, en l’état actuel des choses, cela implique qu’il y ait quatre heures de classe le mercredi, soit plus d’une demi-journée. Or, la réglementation impose de ne pas dépasser neuf demi journées par semaine. Il est possible de dépasser cette difficulté en organisant des journées de cinq heures et quart et une matinée de trois heures le mercredi.

 

 

- Argument n°3 : Vous allez perturber l’emploi du temps des enseignants et de leurs enfants.

Ou

Je me suis organisé pour m’occuper de mes enfants le mercredi, vous remettez tout en cause.

Ou

Les enfants ne pourront plus faire d’activités extrascolaires le mercredi.

 

Le souci de la FCPE est celui de l’emploi du temps de tous les enfants. C’est l’emploi du temps actuel, sur 4 jours, qui perturbe les enfants et leurs apprentissages.

 

Même s’il faut évidemment faire des compromis pour concilier les obligations familiales et professionnelles avec le respect des rythmes des enfants, c’est plutôt à la société de s’adapter aux besoins des enfants et non à eux de s’adapter à l’organisation de la société, surtout quand celle-ci s’est faite au jour le jour, sans réflexion réelle, en particulier sans réflexion sur les différents temps de l’enfant.

 

Rien n’empêche le report au samedi matin des activités extrascolaires du mercredi matin. Une majorité des parents étant disponibles, cela pourrait même permettre à un plus grand nombre d’enfants d’en bénéficier, questions financières mises à part.

 

La France est le seul pays au monde à fonctionner avec une semaine scolaire de quatre jours.

 

 

- Argument n°4 : Nous voulons un retour aux 26 heures de classe hebdomadaires et à la classe le samedi matin.

 

La suppression du samedi matin à l’école pose plusieurs problèmes : celui de la coupure de deux jours trop longue, en particulier pour les enfants en difficulté, la place spéciale du samedi matin, journée allégée, dans le cadre des apprentissages des élèves, mais aussi dans ce qu'il offrait comme place pour le lien entre parents d’élèves et entre parents et enseignants. Ces moments devront être recréés.

 

Certaines mairies, comme Grenoble, organisent des activités pour les enfants et des rencontres le samedi matin entre les parents et des enseignants volontaires. Nous ne pouvons que les encourager.

 

La FCPE a dénoncé cette réforme d'adultes et s’est en outre battue tout au long de l’année 2008-2009 contre le passage de 26 à 24 heures de cours hebdomadaires mais elle a eu beaucoup de mal à se faire entendre de l’opinion publique qui restait concentrée sur ce qui a été à l’époque très majoritairement interprété comme une mesure positive.

 

La fédération continue à revendiquer que soient rendues les heures qui ont été supprimées à tous les enfants pour mettre en place une « aide individualisée » sur laquelle il y a beaucoup à redire. Les enseignants qui s’opposent à cette mesure soulignent d’ailleurs eux-mêmes que la demi-heure d’aide individualisée quotidienne vient encore alourdir une journée déjà indigeste. Cette « aide individualisée » sert surtout à brouiller des pistes et à supprimer des RASED devenus ipso facto inutiles selon le ministre.

 

La FCPE demande donc le retour à 936 heures de classe dans l’année mais réparties différemment, dans l’intérêt des enfants. Pour ne pas alourdir les journées, cela peut s’envisager soit en revenant à l’école le samedi matin, soit en allongeant l’année scolaire avec un raccourcissement des vacances d’été.

 

Actuellement, les textes officiels (article 10 du décret n° 90-788 du 6 septembre 1990 modifié, circulaire n° 2008-082 du 5 juin 2008) laissent une petite marge de manœuvre dérogatoire pour l’organisation de la semaine, qui peut être conçue sur neuf demi-journées au lieu de huit, à l’exclusion du samedi matin et en ne dépassant pas 6 heures de classe par jour (ce qui est déjà beaucoup trop). Pour ne pas en rester à la semaine de quatre jours, la FCPE a lancé cette campagne à partir de ce que rendent possible les textes officiels.

 

 

- Argument n°5 : Qu’allons-nous faire des enfants à partir de 15h30 ?

 

La FCPE n’a jamais dit ou écrit que les enfants devaient quitter l’école à 15h30, au contraire. C'est bien dans le but d'organiser "l'après école" ou la pause méridienne que la FCPE revendique une large concertation avec les communes, pièces maîtresses du dispositif.

 

Aménager les rythmes de vie des enfants, c'est intégrer dans leur globalité, tous les temps : temps familial, temps scolaire, temps périscolaire, temps personnel, temps libre. Proposer un aménagement du temps de l’enfant revient donc à repenser la journée scolaire dans sa globalité : de l’accueil du matin, jusqu’à la garderie du soir (ou l’étude) en passant par la cantine et la journée de classe : pour l’enfant cette journée fait un tout !

 

L’organisation de la journée est quasiment restée inchangée depuis la fondation de l’Ecole publique, alors que cette question est posée comme essentielle par les chronobiologistes en matière d’aménagement des rythmes de l’enfant : quantité de sommeil, récupération, pics de vigilance et coups de fatigue sont autant de facteurs qui influent sur la disponibilité des élèves face aux apprentissages.

 

Il faut que la journée scolaire soit repensée et réorganisée en tenant compte des rythmes des enfants selon leur âge, réduite à moins de 6 heures, avec une possibilité de reprise plus tardive dans la journée (allongement de la pause méridienne).

 

Nous avons appelé les parents d’élèves à se saisir de cette question en conseil d’école en leur donnant les éléments qui sont ceux de la recherche. Nous n’imposons rien mais nous dénonçons la généralisation à marche forcée de la semaine scolaire de quatre jours, condamnée par tous comme la pire organisation hebdomadaire.

 

Si nous incitons les conseils locaux à aborder cette question en conseil d’école c’est bien parce que la situation doit être appréciée localement, en concertation avec l’ensemble des partenaires. Ceux-ci ne se limitent pas aux enseignants, il est indispensable d’associer à la discussion les mairies (qui auront à s’engager financièrement) et les associations complémentaires de l’Ecole pour l’organisation du temps périscolaire.

 

Tout projet d’aménagement des rythmes doit aussi tenir compte du lieu où les enfants vivent (zone urbaine ou zone rurale…) du temps du transport scolaire parfois relativement long auquel ils sont soumis.

 

Pour ce qui est des mairies qui ont mis en place un accueil périscolaire le mercredi, le report de cet accueil du mercredi matin aux autres jours de la semaine ne leur coûtera pas plus cher. On peut estimer que le surcoût portera sur le nombre d’enfants supplémentaires restant déjeuner à la cantine le mercredi par rapport à l’existant.

 

 

- Argument n°6 : Ce sont les conseils d’école qui ont choisi.

 

Justement non ! C’est l’argument qu’avance Xavier Darcos mais son décret a été publié le 18 mai 2008 et la circulaire d’application le 5 juin. Ainsi, les conseils d’école n’ont pas eu le temps de prendre connaissance de ces textes, de discuter d’un aménagement des rythmes, de rédiger des projets, et de les soumettre à l’IEN puis à l’IA avant la fin de l’année scolaire.

 

De plus, de nombreux inspecteurs d’académie ont refusé l’été dernier d’accorder des dérogations à des écoles qui avaient pourtant présenté un projet. C’est ainsi que cette année, même les écoles qui fonctionnaient sur quatre jours et demi avec mercredi matin jusqu’à l’an dernier sont majoritairement passées à la semaine de quatre jours.

 

C’est aussi ce qui a conduit l'AMF (Association des maires de France) à refuser la suppression du samedi main et à demander jusqu'au jour de la rentrée que le ministre revienne sur sa décision ou au moins y sursoie.

 

 

 

Ou

Il y a d’autres combats à mener avant.

 

Xavier Darcos a cru désamorcer notre campagne en faisant une déclaration le jour même de notre conférence de presse pour dire qu’il n’avait « rien contre » la semaine de quatre jours et demi. En fait c’est lui qui a, de fait, imposé la généralisation de la semaine de quatre jours à la rentrée dernière (voir plus haut).

 

Une nouvelle fois, nous sommes face à un double discours. Le mécanisme est le même que lorsqu’il a prétendu prendre en charge la difficulté scolaire en instaurant les deux heures d’aide individualisée avant de supprimer les postes réellement dédié à la difficulté scolaire, ceux des RASED. Maintenant, le ministre prétend être favorable à la semaine continue sur neuf demi journées, alors que c’est lui qui a, de fait, imposé la généralisation de la semaine de quatre jours.

 

Comme le disent les enseignants « désobéisseurs », la semaine de 4 jours est, avec la baisse du nombre d'heures hebdomadaires, les suppressions massives de postes et les reformes rétrogrades des programmes, l’un des moyens de la destructions méthodique et délibérée de l'Ecole primaire. Il nous faut tous les remettre en cause !

 

 



Dossier de presse

Rythmes scolaires

Texte de la FCPE sur les rythmes
L’aménagement des rythmes scolaires reste à faire

La question des rythmes scolaires ne peut pas s’arrêter à la simple suppression du samedi matin. Idéalement, l’organisation du temps scolaire doit avant tout prendre en compte l’intérêt de l’enfant et non uniquement celui des adultes, même si dans les faits on peut tendre vers un compromis mûrement réfléchi entre l’intérêt des enfants et l’emploi du temps des adultes. Car ce qui est en jeu, c’est la disponibilité de l’élève dans ses activités quotidiennes quelles qu’elles soient.

 

Penser l’organisation de la journée, le rythme hebdomadaire, la périodicité des vacances dans le seul objectif de l’intérêt de l’enfant en prenant en compte ses différents temps de vie (scolaire, familial et associatif) est indispensable et décisif pour éviter la fatigue scolaire et favoriser les apprentissages. C’est une revendication ancienne et essentielle de la FCPE.

 

Pourtant, la suppression à la rentrée 2008 de la classe le samedi matin à l’école primaire a généralisé de fait la semaine de quatre jours : l’organisation hebdomadaire la moins respectueuse des rythmes chronobiologiques des enfants. En effet, depuis de très nombreuses années, les chronobiologistes et chronopsychologues qui étudient cette question ont mis en évidence le fait que cette organisation est la plus fatigante pour les enfants et que, de ce fait, elle est peu propice aux apprentissages, en particulier pour les élèves les plus fragiles.

 

Ainsi, François Testu, professeur de psychologie à l’Université François Rabelais de Tours, dénonce les « effets catastrophiques de [la semaine de] quatre jours secs. Un week-end a sur les enfants (surtout ceux qui subissent les rythmes de leurs parents qui n’ont pas d’occupations) des conséquences qui durent jusqu’au lundi, voire mardi midi. Ils ont du mal à se remettre au travail. Le vendredi est perturbé à cause d’un phénomène d’aspiration (l’attente du samedi). La semaine des quatre jours casse le rythme des enfants. » Elle perturbe, en effet, davantage les enfants, car ils subissent deux coupures dans leur rythme de vie et d’apprentissage : le jeudi matin reproduisant le même scénario que celui du lundi. Ils ont alors à deux reprises du mal à se réapproprier des comportements d’apprentissage.

 

Les experts réunis par l’INSERM ont également convenu en 2001 qu’il fallait éviter de mettre en place la semaine de quatre jours car « aucun résultat ne plaidait en sa faveur ».

 

En outre, l’organisation sur quatre jours impose aux enfants six heures de classe par jour afin d’atteindre les 24 heures hebdomadaires légales. Cette longueur excessive des journées perturbe encore plus les apprentissages pour des enfants de moins de huit ans et en particulier pour ceux qui sont les plus fragiles.

 

La FCPE a toujours condamné sans équivoque la semaine de quatre jours et défendu un aménagement respectueux des rythmes des enfants. Elle considère donc que la semaine continue de cinq jours (semaine avec classe le mercredi matin au lieu du samedi matin) peut constituer une réponse alternative conforme aux aspirations sociales des adultes et respectueuse des besoins des enfants.

 

Rappelons par ailleurs que la coupure du milieu de semaine (initialement le jeudi) a été mise en place pour permettre aux enfants de suivre une instruction religieuse, et non parce qu’une journée d’interruption du travail scolaire en milieu de semaine s’imposait pédagogiquement ! Or, le tribunal administratif de Clermont Ferrant a récemment statué que la classe le mercredi matin est compatible avec le catéchisme…


Le choix du ministre de l’Education nationale en faveur de la semaine de quatre jours a été manifeste même s’il n’a cessé de prétendre le contraire. Xavier Darcos a clamé  sa préférence « personnelle » pour la semaine continue, mais n’a pas cherché un instant à l’imposer dans les textes ni à en favoriser la mise en place. L’organisation sur quatre jours est la règle, avec possibilité d’y déroger selon une procédure qui n’a jamais été explicitée ni facilitée.

 

Le ministre prétend s’en être remis aux conseils d’école alors que ceux-ci n’ont pas été informés de la possibilité de se prononcer, pas plus qu’ils n’ont eu le temps d’en discuter au vu de la rapidité de l’application de la décision. L’incapacité des conseils d’école à se saisir de cette question a écarté de fait les parents d’élèves de la discussion, lorsqu’elle a eu lieu. Et lorsque malgré tout députés, maires et parents ont demandé le passage au mercredi matin, nombreux ont été ceux qui se sont vu opposer une fin de non recevoir, les inspecteurs n'ayant aucune consigne permettant effectivement d'organiser ce temps plus harmonieux permettant des journées plus courtes.


En supprimant la classe le samedi matin, le ministre a pris une décision qu’il a justifiée par les aspirations des parents. Cependant, il a surtout décidé la suppression de 72h de classe annuelles et leur transformation en aide individualisée ponctuelle aux élèves en difficulté, permettant de préparer la suppression des RASED (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves ne difficulté), dont il entend démontrer l'inutilité suite au faux doublon ainsi créé. Le passage de 26h à 24h par semaine - réparties sur cinq jours - aurait pu s'accompagner d’un calendrier annuel allongé (comme dans les 25% d'écoles fonctionnant sur quatre jours avant la réforme).

 

La suppression « sèche » du samedi matin en classe ne s’est donc accompagnée d’aucun des préalables que la FCPE jugeait indispensables : pas de réflexion approfondie ; pas de concertation avec les parents, les collectivités et tous les partenaires de la communauté éducative ; pas de projet intégrant l'aménagement de la journée, de la semaine, de l'année et intégrant les rythmes de vie de l'enfant en fonction des contraintes locales et dans le cadre d'un projet éducatif local ; pas non plus de recherche d’une harmonisation entre le temps scolaire et le temps périscolaire.

 

Il n’en demeure pas moins qu’existe une possibilité de déroger à l’organisation sur quatre jours. Les parents d’élèves doivent s’en saisir dans chaque école pour qu’enfin, l'enfant soit considéré dans sa globalité et que le temps scolaire soit intégré simplement comme l’un des temps de sa vie. La nécessité de prendre en compte les besoins prioritaires et spécifiques des enfants devrait être une évidence aussi bien en maternelle qu’à l’école élémentaire. Aménager leurs rythmes de vie, c'est intégrer tous ces temps : temps familial, temps scolaire, temps périscolaire, temps personnel, temps libre. Ce dernier est un temps social, porteur de valeurs nouvelles et créateur de nouveaux rapports sociaux.

 

Cette réflexion doit être l’occasion d’un réaménagement global des rythmes scolaires, au cours duquel la priorité doit être donnée à l'organisation de la journée, conformément à l’avis de tous les scientifiques spécialistes de ces questions. En outre, un aménagement équilibré du temps quotidien doit également s'inscrire dans un projet local et tenir compte des situations et des spécificités locales.

 

L'organisation idéale d'une journée respectueuse des rythmes de l'enfant tient compte des temps forts de vigilance, des temps de moindre capacité de concentration intellectuelle, et introduit des plages de repos et de sommeil, des moments de découverte de soi.

 

L’organisation de l’activité des enfants doit être fondée sur l’alternance activité intellectuelle/activité physique, activité d’apprentissage/activité d’expression et de communication tout en diversifiant les supports et les formes de travail. En particulier, la tranche horaire du début d'après-midi doit être consacrée à des activités de détente mobilisant une moins grande capacité d'attention. Il faut que l'Ecole primaire toute entière s'inspire de l'effort significatif réalisé dans les classes maternelles, pour prendre en compte les besoins de repos des plus petits et pour favoriser des temps de détente, de relaxation collective, pour les plus grands


Repenser la journée scolaire, c'est penser la journée de l’enfant dans sa globalité : de l’accueil, jusqu’à la garderie du soir (ou l’étude) en passant par la cantine et la journée de classe : pour l’enfant cette journée fait un tout ! C’est aussi tenir compte du lieu où les enfants vivent (zone urbaine ou zone rurale…) du temps du transport scolaire parfois relativement long auquel ils sont soumis ; c'est favoriser le développement des modalités d'accueil qui permettent d'assouplir l'heure d'entrée en classe ; c'est réfléchir à l’aménagement diversifié des espaces, de façon à dégager des moments où l’enfant, en fonction de ses besoins, peut se détendre notamment après le repas.

 

Enfin, le choix de la suppression du samedi matin ne tient aucun compte du fait qu’il s’agissait du seul jour où beaucoup de parents disponibles pouvaient se rendre à l’école, rencontrer les enseignants, organiser des temps conviviaux qui permettaient à tous de rentrer dans l’école. Ces temps de rencontre n’ont pas été préservés ni organisés.

 

Au contraire, il n’y a plus aucune activité collective le samedi matin, ce qui ne tient compte ni de la situation des nombreux parents qui travaillent ce jour-là, ni de l’intérêt éducatif de ces activités.

 

La FCPE continue de défendre la semaine continue, avec une articulation pensée entre la période de classe du mercredi matin, les activités diverses de l’après-midi (centres de loisirs), le sport scolaire, les transports scolaires, la restauration… afin de faciliter le passage de l’un à l’autre.

 

Elle appelle tous les parents d’élèves à se saisir de cette question essentielle pour leurs enfants et à argumenter en conseil d’école, auprès des municipalités et des autorités de l’Education nationale pour que soit généralisée la semaine continue.

 

Janvier 2009

 

 

Bibliographie

 

Une série d’articles consultables sur le site www.eduquerensemble.fr, le site du conseil scientifique de la FCPE

-         Rythmes biologiques et espaces chez l'enfant. Ontogénèse et régulations, par Hubert Montagner ;

-         Suppression du samedi matin : pour qui et pour faire quoi ? Par François Testu ;

-         Présentation sommaire de propositions sur l'aménagement du temps scolaire à l'Ecole primaire à partir des données de la chronobiologie et de la chronopsychologie, par Hubert Montagner ;

-         Samedi sans école : treize millions d'heures perdues, par "Le club par l'Ecole" ;

-         Les rythmicités psychologiques de l'enfant par François Testu.

 

 

 L’enfant, la vraie question de l’Ecole, sous la direction de Hubert Montagner, éditions Odile Jacob, 2002. Cet ouvrage est issu d’un colloque organisé par la FCPE en 2001.

L'organisation du temps scolaire dans le premier degré : les effets de la semaine de quatre jours, rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale de mai 2002.

Consultable en ligne : http://media.education.gouv.fr/file/05/3/6053.pdf

Rythmes de l'enfant ; de l'horloge biologique aux rythmes scolaires, une expertise collective de l’INSERM d’avril 2001.

Consultable en ligne : http://ist.inserm.fr/basisrapports/rythmenf.html

 

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